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REVENIR A L'ESSENTIEL Lorsque nous abordons la relation éducative avec un regard bouddhiste, deux aspects apparaissent : notre situation au quotidien et l'enseignement du Bouddha. Intégrer l'enseignement à notre pratique de tous les jours nous aide à trouver des solutions aux problèmes que nous rencontrons. Même si, en général, nous comprenons bien le Dharma, il nous est parfois difficile, en situation, de le mettre en pratique. Si nous intégrons la pratique du Dharma, la représentation que nous avons de nos expériences se modifie. Comprenons que le propos de l'enseignement du Bouddha n'est pas d'échapper au monde et à ses difficultés, mais au contraire de mieux faire face aux questionnements qui s'élèvent. Cela prend du temps mais la durée est nécessaire pour intégrer le sens de cette attitude et progressivement changer notre vision. Au début, notre intérêt pour cet enseignement naît du souhait de résoudre nos problèmes actuels : le Bouddha, en effet, donne des moyens pour répondre aux situations relatives qui concernent cette vie. Ensuite, nous progressons et des questions plus existentielles prennent place : que se passe-t-il au moment de la mort ? Comment s'y préparer ? Qu'y a-t-il après la mort ? Face à ces questions, des réponses sont proposées. Et finalement, nous en arrivons à une question fondamentale : est-il possible de venir à bout des insatisfactions que nous rencontrons ? Nous apprenons alors qu'il y a un chemin à parcourir pour atteindre l'éveil ; une libération de la situation de confusion et de frustration dans laquelle nous nous trouvons est possible. Il est donc important de connaître ces deux aspects, relatif et ultime, de l'enseignement du Bouddha et de ne pas les séparer. Il n'y a pas d'un côté, la spiritualité qui donne des réponses aux questions ultimes et de l'autre, une approche relative qui nous aide à mieux diriger notre vie ; sinon nous restons dans cette séparation entre notre réalité quotidienne et une dimension spirituelle un peu éthérée. Il est nécessaire de comprendre comment l'approche bouddhiste concerne à la fois l'ultime et le relatif ; en combinant les deux, nous nous demandons, en tant qu'éducateur (professeur, parent...), comment répondre aux circonstances de manière juste. Si nous restons dans une dimension matérialiste, dès qu'un problème est résolu, un autre apparaît ! Le Dharma nous invite à changer la représentation que nous avons de nous-même et des autres, ainsi que notre comportement, ce qui nous permet d'aborder différemment l'ensemble des frustrations rencontrées et de mieux les dépasser. L'esprit d'éveil, la bodhicitta, est une attitude bienveillante
qui, si elle est cultivée, permet d'aborder différemment
nombre de nos difficultés. Au début, cela semble superficiel
car c'est une idée qui nous est étrangère mais,
progressivement, en écoutant l’enseignement du Bouddha et
en y réfléchissant, nous pouvons développer cet
esprit d'éveil. Si nous l'acceptons dans la durée, nous
mettons en œuvre un entraînement qui nous fait passer d'une
vision limitée à une vision plus ouverte, celle de l'éveil.
Et plus nous avançons sur ce chemin, moins nous sommes perturbés. Question Rinpoché Revenons aux principes de bases. L'existence humaine est importante et précieuse. Si nous sommes dans une situation d'aide, nous avons envie de soutenir autrui, quoiqu'il se passe, sinon il n'y a pas de raison de nous investir dans cette situation. Nous devons alors nous demander comment faire pour soutenir les êtres avec lesquelles nous sommes en lien. Même si ces élèves sont difficiles, il faut les éduquer, il faut qu'ils aient des compétences et une éducation nécessaire pour vivre et évoluer dans notre société. Malgré les tensions ambiantes, nous devons garder un état d'esprit bienveillant. Nous ne parlons pas encore d'action, mais d'un état d'esprit. Si nous sommes dans cet état d'esprit d'ouverture, une meilleure compréhension et une meilleure communication prennent place. En général, nous voulons régler les problèmes dès que possible ;mais si nous prenons du recul, si nous nous rappelons qu'il est important que ces êtres humains évoluent, nous allons chercher une réponse à leurs besoins et non une solution directe à la situation dans laquelle nous sommes. Une pacification peut avoir lieu dès l'instant où nous considérons l'autre tel qu’il est, avec ses besoins. Insensiblement, nous établissons un véritable lien, où la parole devient possible, même en face de trente élèves ; en effet, nous serons moins emporté par l’émotion et l'action sera alors plus juste et plus efficace. Ce n'est pas facile mais réalisable dès l'instant où nous développons cette vision dans l'esprit avant même d'agir. Que ce soit dans la relation parent/enfant ou professeur/élève, il est important de trouver le lien suivant le besoin de l'autre. Question Rinpoché Quand nous voulons aider un adolescent, par exemple, il nous faut prendre en considération les parents, l'environnement, l'institution... Il y a autant de visions et d'expériences qui se rencontrent sans nécessairement se comprendre et cela pose souvent des problèmes. Si nous comprenons pourquoi les autres ne sont pas d'accord, nous sommes moins perturbés par les différences, ce qui nous donne une stabilité qui nous permet de répondre plus justement et plus durablement. Mais si nous ne comprenons pas ce qui se passe, nous sommes dans la peur et dans le doute. Nous sommes perturbés, notre réponse n'est pas claire et le processus d'aide devient difficile. Si nous développons cet état d'esprit, une vision claire
avec la capacité de comprendre ce qui se passe, nous voyons mieux
la situation des autres, nous sommes moins perturbés et nous pouvons
continuer sur la durée, malgré les difficultés et
les problèmes. Nous sommes là, présents et aidants. Chaque fois qu’une
situation s’améliore, cela devient
le point de départ d’une meilleure communication :
un échange peut avoir lieu, ce qui dissipe les peurs et les doutes.
Une fois que, grâce à ce processus, le dialogue est rétabli,
progressivement, les difficultés peuvent être résolues. Question Rinpoché Ce confort provient du fait qu'il y a moins d'émotions perturbatrices et donc l'action devient plus juste. Agir dans la durée n'est pas évident à cause des perturbations mentales ; mais progressivement, le résultats de nos efforts crée la base d'une action plus juste et les perturbations diminuent. Le stress n'est d'abord qu'un état d'esprit. La plupart du temps, les situations sont moins difficiles que nous le percevons : la difficulté vient de notre manière de les aborder. Si nous voyons l'aspect problématique des situations, nous les saisissons et cela nous fatigue. Dans la relation éducative, face à des adolescents difficiles, il nous faut être là, et si nous avons conscience que ces êtres humains ont besoin d'un soutien, si nous nourrissons cette motivation, il y aura moins de tensions car nous ne les voyons plus comme des problèmes mais comme des êtres à aider. Il y a alors moins de volonté dans la relation que nous établissons. Et même si c’est difficile, nous sommes heureux d’agir ainsi et notre action est plus juste. En fait, les perturbations restent les mêmes mais c'est l'espace qu'il y a autour qui change. Pour en revenir à l'esprit d'éveil, la bodhicitta, cet esprit d'ouverture, demandons-nous d’abord pourquoi développer cette attitude-là et ensuite, comment essayer de la mettre en œuvre, ainsi, graduellement, nous allons progresser sur le chemin. Liens :
Réflexions :
Améliorer l'accueil dans le système éducatif - Redéfinir l'éducation ? - L'esprit créatif - Revenir à l'essentiel Prévenir les violences à l'école - entendre celui qui m’écoute - De bonnes raisons de vivre la peur - La relation éducative Rencontres : A l'ecole des mères - La violence à l'école - Savoir pour mieux s'interroger - Le théâtre à l'école - Rencontre avec Anne - Rencontre avec la maman de Karmapa
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