• Ce qui crée les peurs

Au centre de beaucoup de difficultés rencontrées entre professeurs, élèves et parents, il y a les peurs. Peur de changer, de perdre sa position, peur des jugements (des parents, de l'administration, de l'élève, de l'enseignant, bref, peur des autres). Ces peurs nous paralysent, nous empêchent d'être ce que nous souhaitons être.

Il s'agit de les regarder en face. La peur ne vient pas que de l'extérieur, elle est dûe à une saisie sur nous-même, au fait que nous sommes trop centrés sur nous. Nous sommes mis en compétition les uns par rapport aux autres. Notre relation à autrui est essentiellement fondée sur l'orgueil et sur la croyance que nous devons être les meilleurs.
En fait, tout ce jeu émotionnel n'est pas à rejeter. Il s'agit de le rencontrer. C'est alors que la peur peut devenir une opportunité de voir nos limites. Il est question de faire face aux difficultés, de les utiliser comme processus de développement.
C'est ce processus de retour sur soi et le regard qu'on porte sur la relation établie avec les autres qui permet de dissiper pressions et stress et d'être une aide.
En terme bouddhiste, on appelle cela la bodhicitta.

  • Les émotions

Nous sommes prisonniers de nos émotions. Elles peuvent être des poisons ou l'antidote à nos difficultés. Il suffit qu'une émotion apparaisse dans l'esprit et on s'identifie à elle, on la suit. Peut être lui donne-t-on une existence qu'elle n'a pas. En la prenant moins au sérieux, il y a moyen de trouver un petit espace dans lequel fonctionner autrement qu'à l'habitude. Il nous faut laisser sa chance à la créativité, à quelque chose d'autre que le jugement et l'impulsivité.
L'émotion qui nous traverse est une expérience qui peut être utilisée pour avoir une meilleure compréhension de nous-même. Les enseignants sont devant des situations qu'ils ressentent comme lourdes, ils doivent faire face à des classes parfois difficiles. S'ils apprennent à comprendre non seulement la situation à l'extérieur, mais aussi leurs propres attitudes et leurs propres projections, ils seront plus à même de traiter les difficultés.

 

  • Savoir se remettre en question

Nous sommes souvent piégés par la croyance que "c'est la faute des autres". Les professeurs pensent que les parents sont responsables des difficultés qu'ils rencontrent et les parents pensent l'inverse. Si personne n'interroge ses comportements, il devient difficile de faire évoluer la situation des uns et des autres. Nous sommes pris par l'apparence des événements et des gens. C'est pourquoi il nous faut nous entraîner au non-jugement, ce qui signifie s'entraîner à discriminer les événements.
Savoir se remettre en question suppose beaucoup d'humilité et d'accepter ses imperfections. Se tromper avec un élève est ennuyeux, mais n'est pas si grave, il est possible de réparer une erreur. Par contre, il n'est pas possible d'être parfait. Se remettre en cause ne se fait pas du jour au lendemain. Tout comme
il existe des sessions de formation permanente, on peut s'exercer à se remettre en question de façon permanente.

Nous changeons, les situations changent, les relations aussi, autrement dit, tout évolue sans cesse. La capacité à la remise en cause entraîne une qualité de présence à l'autre et aux situations.

Cette présence vient de la souplesse qui s'enracine dans une vraie stabilité intérieure. C'est ce qui crée l'ouverture.

La relation éducative
un processus fondé
sur la confiance

 



Réflexions :