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Pour
tenter de comprendre les difficultés rencontrées par les
différents partenaires de la relation éducative lors de
ces conflits, il nous a semblé que l'une des causes du malaise
pouvait provenir d'une forme d'ignorance à propos des rôles
et des domaines de compétences de chacun. La psychologie bouddhiste
nous a ensuite permis d'interroger plus en profondeur l'expression de
ce malaise. Nous qui éduquons, qui sommes-nous ? La tension qui existe entre l'identité personnelle et l'identité professionnelle nous amène à nous poser certaines questions : qui est qui, qui fait quoi, et quelles sont les limites et la légitimité de nos actions ? En tant qu'enseignant, nous nous sentons parfois partagés face à certaines situations, appelés à répondre comme un psychologue, un assistant social ou un éducateur alors que ce n'est pas notre rôle. Par contre, de par notre fonction, il nous incombe la responsabilité de représenter une institution et d'incarner les valeurs qu'elle véhicule. Par ailleurs, l'expression des compétences qui nous permettent d'exercer notre rôle est porté par un légitime besoin d'affirmation de nous-mêmes. Du fait de cette situation, la culpabilité, entre autre sentiment, peut s'élever de l'impression que nous ne pouvons pas toujours donner aux apprenants l'accompagnement qui leur semble nécessaire, que cela vienne d'un manque de temps, de compétence ou de motivation, alors même que, de fait, nous ne pouvons pas répondre à toutes les situations. Il est donc important d'identifier les rôles de chacun pour que, dans les situations éducatives, nous puissions être le plus aidant possible selon nos compétences. Cependant,
même si nous parvenons à éclaircir notre domaine de
compétence dans la relation éducative, nous ne sommes pas
libres du jeu des émotions, source de nombreuses difficultés
rencontrées dans notre activité. La psychologie bouddhiste
présente l'être humain comme un être de sagesse et
de confusion. Le Bouddha explique que l'esprit, sous l'emprise des émotions
conflictuelles, s'enferme dans des habitudes mentales et, de ce fait,
éprouve des difficultés à avoir une vision claire
des situations. - Il y a tout ce que
nous aimons et qui confirme notre vision : un élève sans
problème ou alors un élève qui pose question, un
professeur sympathique ou plutôt un collègue polémique,
un parent coopératif ou encore des parents qui ont besoin d'aide,
un inspecteur compréhensif, etc.
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